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Empreinte gaz à effet de serre

La demande finale de biens et services est fréquemment associée à l’émission de gaz à effet de serre le long de la chaîne de création de valeur (p. ex. dioxyde de carbone lié aux transports, au chauffage des bâtiments, à l’industrie ainsi qu’à l’extraction de matières premières). Les émissions de protoxyde d’azote et de méthane proviennent avant tout de l’agriculture et de la gestion des déchets.

La Suisse est une petite économie ouverte et étroitement intégrée au commerce mondial. Par conséquent, il est important de prendre en compte non seulement les émissions nationales, mais aussi celles générées à l'étranger par la demande finale suisse. Compte tenu de la part importante de biens importés, une grande partie de l’empreinte gaz à effet de serre est générée à l’étranger.

Evaluation de l'état
moyen moyen
Evaluation de la tendance
insatisfaisante insatisfaisante
Emissions à l’étranger 2023: 11.1061498000583 Emissions en Suisse 2023: 3.66162598105153 Emissions à l’étranger 2022: 11.1548250103862 Emissions en Suisse 2022: 3.64698945816655 Emissions à l’étranger 2021: 10.6485469042783 Emissions en Suisse 2021: 3.92566295791297 Emissions à l’étranger 2020: 10.8820200401375 Emissions en Suisse 2020: 3.80392253561182 Emissions à l’étranger 2019: 11.2811472849343 Emissions en Suisse 2019: 4.33217169275909 Emissions à l’étranger 2018: 11.5086236450286 Emissions en Suisse 2018: 4.35653470280817 Emissions à l’étranger 2017: 11.2612868999066 Emissions en Suisse 2017: 4.62889723416541 Emissions à l’étranger 2016: 12.1609634606334 Emissions en Suisse 2016: 4.81240302534484 Emissions à l’étranger 2015: 12.1587355870751 Emissions en Suisse 2015: 4.78719672487136 Emissions à l’étranger 2014: 12.3121762866082 Emissions en Suisse 2014: 4.75440490035257 Emissions à l’étranger 2013: 12.9950990293528 Emissions en Suisse 2013: 5.24918536041291 Emissions à l’étranger 2012: 13.5735852571429 Emissions en Suisse 2012: 5.18007482396858 Emissions à l’étranger 2011: 13.7738796411916 Emissions en Suisse 2011: 5.14018103565454 Emissions à l’étranger 2010: 13.0125736311317 Emissions en Suisse 2010: 5.60413550642997 Emissions à l’étranger 2009: 12.5120934293527 Emissions en Suisse 2009: 5.51704213380808 Emissions à l’étranger 2008: 12.7374272859394 Emissions en Suisse 2008: 5.61588540114624 Emissions à l’étranger 2007: 13.0570042342691 Emissions en Suisse 2007: 5.60125697566353 Emissions à l’étranger 2006: 13.9069172308589 Emissions en Suisse 2006: 5.99059864178898 Emissions à l’étranger 2005: 13.5466880752557 Emissions en Suisse 2005: 6.14055326830719 Emissions à l’étranger 2004: 13.2911849132915 Emissions en Suisse 2004: 6.14108848191092 Emissions à l’étranger 2003: 13.0303305357339 Emissions en Suisse 2003: 6.25413389157111 Emissions à l’étranger 2002: 13.0699799895448 Emissions en Suisse 2002: 6.22513568801079 Emissions à l’étranger 2001: 15.5755539008153 Emissions en Suisse 2001: 6.31194209218108 Emissions à l’étranger 2000: 14.8703365491356 Emissions en Suisse 2000: 6.15375742102426
Emissions de gaz à effet de serre induites par la demande intérieure finale de biens et de services en Suisse par habitant

Données du graphique: Excel | Source: OFS : Comptabilité environnementale, ESPOP, STATPOP
Emissions à l'étranger 2023: 99.53617989 Emissions en Suisse 2023: 32.81643674 Emissions à l'étranger 2022: 98.33407707 Emissions en Suisse 2022: 32.14961616 Emissions à l'étranger 2021: 93.05542585 Emissions en Suisse 2021: 34.30554813 Emissions à l'étranger 2020: 94.35037835 Emissions en Suisse 2020: 32.98114957 Emissions à l'étranger 2019: 97.08592581 Emissions en Suisse 2019: 37.28281255 Emissions à l'étranger 2018: 98.33574547 Emissions en Suisse 2018: 37.22452839 Emissions à l'étranger 2017: 95.54222203 Emissions en Suisse 2017: 39.2721659 Emissions à l'étranger 2016: 102.3898399 Emissions en Suisse 2016: 40.51826789 Emissions à l'étranger 2015: 101.2473232 Emissions en Suisse 2015: 39.86359032 Emissions à l'étranger 2014: 101.423596 Emissions en Suisse 2014: 39.16519959 Emissions à l'étranger 2013: 105.7753109 Emissions en Suisse 2013: 42.72643189 Emissions à l'étranger 2012: 109.1188663 Emissions en Suisse 2012: 41.64293232 Emissions à l'étranger 2011: 109.566557 Emissions en Suisse 2011: 40.88840275 Emissions à l'étranger 2010: 102.3310352 Emissions en Suisse 2010: 44.07098887 Emissions à l'étranger 2009: 97.41673209 Emissions en Suisse 2009: 42.95461975 Emissions à l'étranger 2008: 98.10183077 Emissions en Suisse 2008: 43.25274068 Emissions à l'étranger 2007: 99.14828331 Emissions en Suisse 2007: 42.53311124 Emissions à l'étranger 2006: 104.4234118 Emissions en Suisse 2006: 44.98184165 Emissions à l'étranger 2005: 101.0464803 Emissions en Suisse 2005: 45.80317282 Emissions à l'étranger 2004: 98.55549183 Emissions en Suisse 2004: 45.53679748 Emissions à l'étranger 2003: 95.95728255 Emissions en Suisse 2003: 46.05636758 Emissions à l'étranger 2002: 95.59191236 Emissions en Suisse 2002: 45.52972732 Emissions à l'étranger 2001: 113.0108144 Emissions en Suisse 2001: 45.79726158 Emissions à l'étranger 2000: 107.1267224 Emissions en Suisse 2000: 44.33200692
Émissions de gaz à effet de serre induites par la demande intérieure finale de biens et de services en Suisse tout au long de la chaîne de création de valeur

Données du graphique: Excel | Source: OFS
Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2023: 160.233149964396 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2022: 157.358618743154 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2021: 157.273854570409 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2020: 156.530672904798 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2019: 149.061257657618 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2018: 145.064659937121 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2017: 144.000315259821 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2016: 133.412849080496 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2015: 133.652784162483 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2014: 131.867620635911 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2013: 122.298056233515 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2012: 121.2626308749 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2011: 122.050778872979 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2010: 120.226509627973 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2009: 125.207010339305 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2008: 121.823847009577 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2007: 118.750346195166 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2006: 112.055196537839 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2005: 111.589864893811 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2004: 108.840630936497 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2003: 110.3257514375 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2002: 110.382991319863 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2001: 97.763510412481 Évolution de l'efficacité des gaz à effet de serre 2000: 100
Demande intérieure finale de biens et services par rapport à l'empreinte gaz à effet de serre

Données du graphique: Excel | Source: OFS

Commentaire

Par habitant

La loi sur le climat et l'innovation (LCl) définit le cadre de la politique climatique à moyen et long terme de la Suisse. Elle fixe notamment l'objectif de zéro émission nette d'ici 2050 pour les émissions territoriales de gaz à effet de serre et contient des valeurs indicatives pour les différents secteurs émetteurs. La LCI contribue à réduire l'empreinte carbone, même si l'objectif de zéro émission nette ne concerne pas la part étrangère. Outre la LCl et la loi sur le CO2, d'autres actes législatifs, stratégies et mesures dans d'autres domaines politiques contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre et donc l'empreinte carbone : (Stratégie pour le développement durable 2030 ou rapport donnant suite au postulat « Orientation future de la politique agricole»).

Dans la suite du document, nous partons de manière pragmatique du principe d'un objectif « zéro émission nette » d'ici 2050. Cet objectif correspond à une référence largement utilisée à l'échelle internationale pour atteindre la neutralité carbone et sert de ligne directrice au sens des objectifs de l'accord de Paris.

Bien que la population ait augmenté au cours de la période considérée, l'empreinte carbone de 2023 a diminué d'environ 13 % par rapport à 2022, pour s'établir à quelque 132 millions de tonnes d'équivalents CO2. En 2023, l'empreinte carbone par habitant s'élevait à environ 14,8 tonnes d'équivalents CO2 et reste à un niveau trop élevé ; l'état est donc qualifié de moyen. La tendance à long terme montre cependant une baisse de 30 % depuis 2000. Elle est certes positive, mais sans mesures supplémentaires, aucun niveau écologiquement compatible ne sera atteint d'ici 2050. La tendance actuelle doit donc être considérée comme insatisfaisante.

En général, l'empreinte carbone est bien supérieure à un niveau compatible avec les limites de résilience de la planète. À l'échelle mondiale, seule une quantité limitée d'émissions peut être rejetée dans l'atmosphère afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Si l'on part du principe que chaque pays a droit à un quota d'émissions identique, la part de la Suisse est déjà épuisée ou sur le point de l'être. 

Absolu et efficacité

La part des émissions liées aux importations a augmenté au fil du temps par rapport aux émissions nationales. En 2023, 75 % des émissions ont été générées à l'étranger.

Le rapport entre la demande finale intérieure de biens et de services et l'empreinte carbone a augmenté d'environ 60 % entre 2000 et 2023. Il y a donc eu un découplage entre l'augmentation de la croissance économique et les émissions de gaz à effet de serre.

La diminution de l'empreinte carbone et l'amélioration de l'efficacité ont différentes causes. D'une part, les réglementations en matière de politique environnementale et énergétique ont une influence. Par exemple, la taxe sur le CO2 appliquée aux combustibles fossiles tels que le mazout ou le gaz naturel incite à une consommation économe et à une utilisation accrue de sources d'énergie respectueuses du climat. D'autre part, les technologies plus efficaces en termes de ressources et la part de marché croissante des biens et services respectueux de l'environnement ont également pu avoir une influence.

Comparaison internationale

Il est difficile d’établir une comparaison internationale directe, car les sources des données et les méthodes de calcul varient selon les pays. Selon Tukker et al. (2014), et d’après des calculs de l’Organisation de coopération et de développement économiques et de l’initiative « Cycle de vie » (LCI) du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’empreinte gaz à effet de serre par habitant est plus de deux fois plus élevée en Suisse qu’en moyenne dans le monde, et plusieurs fois supérieure à l’empreinte nationale de nombreux pays en développement (voir, entre autres, SCP Hotspot Analysis).

Méthode

Empreinte de gaz à effet de serre

L'empreinte gaz à effet de serre recense les émissions de gaz à effet de serre générées par la demande intérieure finale en biens et services d'un pays. La demande intérieure finale correspond à la somme des dépenses de consommation finale des ménages et des administrations publiques, de la formation brute de capital fixe et des variations de stock.

L'empreinte gaz à effet de serre est une grandeur qui ne peut être mesurée directement et qui doit donc être, du moins en partie, modélisée. Plusieurs méthodes existent à cet effet; celle retenue pour la Suisse repose sur l’approche «Environmentally Extended Multiregional Input-Output Analysis» (EE-MRIOA). Il s'agit de la méthode privilégiée par la communauté statistique internationale, dont l'application est devenue possible grâce à la disponibilité de nouvelles sources de données. L’OFS publie pour la première fois les résultats de l’empreinte gaz à effet de serre de la Suisse calculée selon cette méthode en 2025.

En bref : les émissions nationales de la Suisse, telles qu’elles sont enregistrées dans les comptes des émissions dans l’air, sont complétées par un modèle. Celui-ci combine des tableaux d'entrées-sorties multirégionaux (MRIOT) permettant de retracer les flux de produits entre les secteurs et les pays, avec des données compatibles sur les émissions de gaz à effet de serre par pays, par secteur, par gaz et par année. La combinaison de ces sources de données permet d’estimer les émissions générées tout au long de la chaîne de production, à leur lieu d’origine.

À partir de 2010, le calcul de l’empreinte gaz à effet de serre repose sur les données FIGARO/Eurostat, pour les années 2000 à 2009, il s’appuie sur celles de IEA/OCDE et GLORIA. Ce changement de source limite la comparabilité temporelle aux plus grands agrégats.

Base pour l'évaluation de la tendance

Evolution visée Valeur initiale Valeur finale Variation en % Evolution observée Evaluation
Diminution Moyenne 2000-2002 Moyenne 2021-2023 -29.04% Diminution insatisfaisant*

Base : t par habitant

*Modification du résultat final d'évaluation de la tendance selon la justification dans le commentaire
 
Dernière mise à jour le: 22.01.2026