La matière organique des sols (humus) provient de la décomposition des déchets végétaux et animaux par les organismes du sol. Les fonctions des sols (production agricole et sylvicole, régulation des cycles hydriques, nutritifs, climatique), leur stabilité structurale (résistance à l’érosion) et leur biodiversité dépendent de la quantité et de la qualité de la matière organique. Le taux de carbone, composant majeur de la matière organique, est un indicateur global de la qualité et de la fertilité des sols.
pas évaluable
positive
La teneur en carbone organique varie considérablement selon le type de sol : elle est influencée par des facteurs naturels tels que les propriétés physiques du sol (p. ex. teneur en argile) et les conditions climatiques, mais aussi par l’utilisation du sol par l’être humain. Les pratiques agricoles influencent la teneur en carbone organique de manière directe (modification du cycle de la matière organique) et indirecte (érosion, compactage). Des valeurs de référence pour les teneurs en carbone des sols typiques de la station font l’objet de recherches nationales et internationales, mais n’ont toutefois pas encore été définies.
Les résultats des sept campagnes d’échantillonnage (de 1985 à 2019, tous les cinq ans) montrent que la teneur en carbone moyenne des sols cultivés est en légère augmentation. Leur interprétation doit tenir compte des éléments suivants.
Étant donné qu’il n’existe pour l’heure aucune valeur de référence pour la teneur en carbone des sols suisses, il n’est pas possible de fournir une évaluation fondée des valeurs mesurées et de leur évolution. Dans l’ensemble, l’évolution de la teneur en carbone organique dans les 20 cm supérieurs du sol semble toutefois légèrement positive. Cette tendance est ainsi jugée positive avec prudence.
Des informations plus détaillées sont disponibles dans la publication "Observation nationale des sols (NABO) 1985 à 2009".
Depuis 1985, des échantillons composés sont prélevés dans la couche supérieure du sol (de 0 à 20 cm de profondeur) tous les cinq ans sur l’ensemble des 114 surfaces d’observation permanente du réseau NABO. Les analyses portent sur cette couche, car c’est dans cette dernière que la matière organique (essentiellement constituée de carbone) s’accumule.
La teneur en carbone organique (en % de matière sèche) est déterminée à partir de la différence entre la teneur en carbone total et la teneur en carbone inorganique. À cette fin, la teneur en carbone total est déterminée au moyen d’un analyseur C/N et celle en carbone inorganique, au moyen de la méthode de Scheibler, puis la différence est calculée. Au cours des quatre premiers relevés (1985-2004), le carbone organique a été analysé par oxydation humide au dichromate de potassium, suivie d’un retitrage selon la méthode FAL. Étant donné que cette méthode donne des concentrations légèrement inférieures à celles obtenues avec l’analyseur C/N, les échantillons des quatre premiers relevés ont fait l’objet de mesures supplémentaires et des facteurs de correction ont été appliqués à tous les sites concernés.
L’indicateur est calculé pour les sites de grandes cultures (sols cultivés) disposant de séries chronologiques continues. Bien que la teneur en carbone des sols n’évolue que lentement, les pratiques agricoles peuvent entraîner des variations perceptibles en très peu de temps, en particulier dans les grandes cultures. Les résultats sont indiqués sous forme de teneur moyenne par cycle de relevés.
| Evolution visée | Valeur initiale | Valeur finale | Variation en % | Evolution observée | Evaluation |
|---|---|---|---|---|---|
| Augmentation | Moyenne 1985/89-1995/99 | Moyenne 2005/09-2015/19 | 4.53% | Augmentation | positive |